Mercredi 4 novembre 2009
La gauche défend tous les jours l’identité de la France face aux remises en cause de la droite et de N. SARKOZY. L’injonction du président de la République et de son ministre de l’immigration et de l’identité nationale, convoquant sans délai dans les préfectures « les forces vives du pays », est irrecevable. La France mérite mieux qu’un discours polémique bricolé à la hâte à des fins électorales. La droite, de plus en plus déchirée, fragilisée par son échec économique et social, instrumentalise un sujet sérieux sur lequel on ne devrait pas chercher à diviser les Français.



Nous ne sommes pas dupes de cette manipulation. Les socialistes ne serviront pas de caution à cette mise en scène racoleuse qui mobilise indûment et dans l’improvisation les Préfets dont ce n’est pas le rôle. Les Français sont attachés à l’identité républicaine de la France. Ils n’acceptent pas ses remises en cause. Forgée dans l’histoire, dans les grands combats républicains, sociaux, ouvriers, féministes, l’identité de la France est d’abord constituée des principes communs que la République a su faire partager à tous les Français, et qui sont aujourd’hui bafoués : la France des droits de l’Homme, du droit du sol, de la laïcité, de l’école publique, de l’égalité sociale, du programme du Conseil national de la Résistance, de l’universalisme et de l’ouverture au monde.

La France fidèle à son identité, la France qu’on aime, c’est une France qui défend son modèle social, qui promeut les services publics, de l’école à l’hôpital, de la mairie à la Poste, parce qu’ils sont les moyens de l’égalité. C’est une France de l’émancipation de l’Homme, qui s’engage pour les libertés, notre bien commun, et pour ne pas laisser confisquer la démocratie par un pouvoir sans limites. C’est une France qui défend sa langue. C’est une France qui assume sa diversité, s’attaque enfin aux discriminations et
aux obstacles qui barrent l’accès aux entreprises ou aux responsabilités publiques. C’est une France du XXIème siècle, profondément européenne, qui puise sa force dans le respect de cet héritage républicain.

Faire vivre l’identité de la France et l’originalité de son modèle est au coeur des préoccupations du Parti socialiste. Depuis septembre, les socialistes ont engagé un dialogue direct avec les Français dans le cadre du tour de France du projet, lors d’étapes qui permettent à des citoyens de toutes les origines et de toutes les histoires d’affirmer une identité commune. Les Français ne doutent pas de leur identité, ils nous demandent surtout de la défendre et d’y être fidèles. Fidèles à notre histoire, nous revendiquons une vision civique et républicaine de la nation, et non pas ethnique ou particulariste qui laisserait l’identité s’enfermer dans des critères d’appartenance et donc d’exclusion. C’est cette approche, inhérente à l’existence d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, qui est contraire à l’identité de la France et à son génie.

Alors que par ses discours et sa politique, la droite attaque les piliers de la République, les socialistes portent aujourd’hui l’identité de la France.

Le Bureau national du Parti Socialiste.
Par Parti Socialiste de Vouziers - Publié dans : Politique nationale
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Samedi 31 octobre 2009

Quel rythme ! Nous vivons une période dans laquelle on a bien du mal à reprendre son souffle entre les affaires, les scandales et les annonces du gouvernement. Lundi : un scandale, mardi : une réforme, mercredi : une affaire, jeudi : une nouvelle loi: vendredi : un autre scandale : samedi : distribution d'aides, dimanche : nouvelle affaire, et ainsi de suite sans la moindre trêve. Sachant que nous ne sommes qu'à mi-mandat, nous sommes en droit de nous demander comment notre Pays va-t-il finir à la fin de tout cela et surtout qu'en restera-t-il économiquement, socialement, et démocratiquement ? L'inquiétude est palpable même au sein des élus UMP qui, s'ils n'étaient pas paralysés par la peur de perdre leurs portefeuilles, leurs fonctions ou leur mandats, seraient nombreux à abandonner le navire. Des choses sont d'ores et déjà irréparables. L'image et l'aura dont bénéficiait notre Pays sur le plan international, ne sont quasiment plus que des souvenirs. Quelques mois auront suffi à les détruire. Triste record !

 


Le procès Clearstream s'achève avec un délibéré le 28 janvier pour l'anniversaire de Nicolas Sarkozy. Le jugement de l'Angola Gate est tombé et on veut nous faire croire que Charles Pasqua ira un jour en prison. Les scandales s'enchaînent et les découvertes sont étonnantes ! On apprend que dans l'affaire de la présidence de l'EPAD, Jean Sarkozy a été "victime d'une discrimination liée à son nom" et qu'il aurait dû faire appel à la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité). Ce n'est pas une blague puisque c'est Fadela Amara, elle-même, qui l'annonce, sans même un sourire, sur un plateau de télévision. C'est vrai qu'il est incroyable d'avoir eu, ne serait-ce qu'un doute, sur les compétences d'un garçon de 23 ans, brillant titulaire d'un bac L et qui hésitait 18 mois auparavant entre Conseiller général ou chanteur célèbre, pour gérer le plus grand centre d'affaire d'Europe. Toujours plus loin dans le sordide et la sincérité, Frédéric Mitterrand, actuel ministre de la Culture, est venu sur le plateau du 20H00, expliquer aux Français, droit dans les yeux de la journaliste, que le fait qu'il ait eu des relations sexuels dans des établissements spécialisés en Thaïlande pour touristes à la recherche de chair fraîche, était "Une erreur oui, un crime non, une faute même pas". Il ajouta aussitôt, sans sourciller, que les prostitués qu'il avait fréquentés, avaient évidemment tous aux alentours de 40 ans. Le spectateur avait à peine le temps de se remettre de ses émotions, qu'il enchaînait alors avec un incroyable : "Que vienne me jeter la première pierre celui qui n'a pas commis ce genre d'erreur. Parmi tous les gens qui nous regardent ce soir, quel est celui qui n'aurait pas commis ce genre d'erreur au moins une seule fois ?". Il faut avoir un égo hors du commun pour tenir cette position et il faut assurément être un écrivain de talent pour dépeindre comme des "éphèbes" ou des "garçons", des prostitués hommes thaïlandais de plus de 40 ans.


Et pendant ce temps là !

Une nouvelle attaque en règle est fomentée contre l'école publique et laïque sous les traits de la Loi Carle, censée "garantir la parité de financement entre les écoles élémentaires publiques et privées sous contrat d'association lorsqu'elles accueillent des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence". En clair, elle remet en cause les principes constitutionnels de laïcité et de libre administration des collectivités territoriales. Le gouvernement, avec cette loi, veut permettre le financement avec des fonds publics, d'organismes liés à des associations confessionnelles, ce qui est évidemment anticonstitutionnel.

Un décret en préparation prévoit la suppression des "petits blocs" de chirurgie. Ce sont pas moins de 180 blocs chirurgicaux qui devront prochainement fermer. Nous n'y serions, paraît-il, pas en sécurité. Ce projet frappera également une trentaine de maternités qui ont besoin d'un bloc pour pratiquer les césariennes. Le GHSA et son site de Rethel ont évidemment toutes les raisons de s'inquiéter de la parution de ce nouveau décret. Le massacre du service public hospitalier continue et rien ne permet d'envisager pour le moment qu'on pourra, à temps, y mettre un terme.

La démocratie et le renforcement du rôle du Parlement sont sur de bons rails, puisque dorénavant, lorsqu'une loi est votée et que le gouvernement n'en veut pas, il demande à un ou plusieurs députés de venir se plaindre qu'ils se sont "trompés de bouton" lors du vote, afin de pouvoir voté ensuite la loi "rectifiée". La dernière victime fût le brave Député Jean-François Lamour, sabreur émérite, qui, suite au vote d'une taxe additionnelle de 10% sur les bénéfices des banques que le gouvernement considère comme "une erreur technique", a été contraint d'avouer qu'il s'était trompé par deux fois de bouton lors du vote, une fois pour lui et une fois pour un autre Député. Si ce n'était pas si grave, on rirait presque ! Dans la même lignée responsable, le gouvernement s'est opposé à la suppression des fameux crédits "revolving", responsables de nombreux surendettements parmi les ménages modestes à cause des taux très élevés qu'ils pratiquent. Moralisation du capitalisme quand tu nous tiens.

La démocratie souffre, acte 2 ! La réforme territoriale se met en place avec, cachées derrière de légitimes interrogations sur l'organisation et les compétences des différentes strates politiques du paysage Français, énormément d'arrière-pensées politiques. En effet, si la communication va se faire essentiellement sur la disparition des départements et la transformation des conseillers régionaux et généraux en conseillers territoriaux l'essentiel n'est pourtant pas là. C'est bien le changement du mode de scrutin qui intéresse le plus l'UMP qui, toujours aussi gourmande de démocratie, a fait le constat suivant : le racolage partant du Nouveau Centre d'Hervé Morin au Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, en passant par Chasse, Pêche, Nature et Tradition, lui permet d'arriver en tête au premier tour des différentes élections. Par contre, le Parti présidentiel ne dispose que de très faibles réserves de voix pour le second tour. Qu'à cela ne tienne, il n'y a qu'à passer d'un scrutin à deux tours, à un scrutin à un tour que l'on sera certain de remporter, puisque la Gauche n'est visiblement pas prête à une grande union dès le premier tour, ce qui me paraît d'ailleurs tout à fait légitime pour des Partis qui prônent la transparence et la démocratie interne. Simple et sans appel ! Il faut ajouter à cela le redécoupage ou "tripatouillage" des circonscriptions législatives, voté le 20 octobre dernier, qui devrait permettre à l'UMP d'avoir environ 22 sièges supplémentaires à l'Assemblée nationale aux prochaines législatives. Les objectifs et projets de ce gouvernement et de l'UMP sont clairs; conquérir le pouvoir et le garder. Ma foi, pour le reste, la France et les Français attendront.

Nous avions chassé le fichier Edvige par la porte, il revient par la fenêtre. Le gouvernement a instauré par décrets un nouveau fichier policier. En ces temps délicieux, on ne s'embarrasse pas de sottises comme la protection des libertés individuelles. Ce dernier contient un champ à remplir intitulé "Origine géographique", mais "origine ethnique" aurait été certainement plus sincère. On imagine qu'il se limitera donc, dans un premier temps, à Afrique et Maghreb. Pour être fiché, inutile d'avoir 18 ans, ni même de commettre un crime ou un délit. Il suffira d'avoir 13 ans et qu'un policier vous juge potentiellement "louche" ou que vous soyez militant d'un Parti politique ou syndicaliste. Comme disait l'humoriste : "patibulaire, mais presque".

Après avoir démantelé "la Jungle", campement sauvage de migrants à Calais qui ne devait pourtant son existence qu'à la fermeture du centre d'accueil de Sangatte en 2002 et donc à Nicolas Sarkozy, alors ministre de la peur et de l'intérieur, le Pays des "Droits de l'Homme" expulse dorénavant des Afghans en situation irrégulière vers l'Afghanistan, qui je le rappelle est un Pays en guerre. Cela se fait au mépris des conventions internationales, mais ne provoque pas le moindre émoi et surtout pas chez Eric Besson. On arrive à se demander jusqu'où cet homme sera capable d'aller dans le cynisme et la trahison des valeurs, pour plaire à son maître et garder son portefeuille ministériel. Il est un des meilleurs exemples vivants que pour beaucoup de responsables politiques, quel que soit leur niveau d'action ou de compétence, le choix du camp et les compromissions à faire ne comptent pas, puisque le seul objectif est l'accession au pouvoir. Malgré la chasse aux étrangers et le coup de barre à droite donné en vue des prochaines élections régionales, le Front national a tout de même repris quelques points dans les sondages. Pas de problème, Eric Besson a ressenti soudainement l'envie de "lancer un grand débat sur les valeurs de l'identité nationale et sur ce qu'est être Français aujourd'hui". Il est certain que le moment est bien choisi. Les Français ne sont pas frappés par la crise et ont l'esprit libéré. C'est le moment ou jamais de remettre, au coeur des débats, le devenir de notre bonne vieille fibre patriotique.

L'église de Scientologie vous remercie. Le parquet avait bien requis sa dissolution, mais cette peine de dissolution ayant été supprimée du code pénal par la loi de "simplification du droit", brillamment concoctée par Jean-Luc Warsmann, cela n'a pas été possible. Elle s'en sort donc avec une "forte amende" qui, quand on connait les fortunes colossales de certains de ses membres, fait quelque peu sourire. Le Sénat a réintroduit, le 14 octobre dernier, une modification législative qui permet de nouveau de dissoudre une personne morale lorsqu'elle est reconnue coupable d'escroquerie. Cette disposition ne devait donc pas être aussi inutile qu'on voulait bien le faire croire. C'est malheureusement trop tard pour la Scientologie. A noter qu'il aurait été possible de lui interdire d'exercer, mais que le tribunal ne l'a pas souhaité de peur "que cela engendre la continuation des activités en dehors de toute structure légale". A méditer.

La Présidence Française de l'Union européenne en 2008 n'a visiblement pas été d'une rigueur financière exemplaire et c'est un euphémisme. Souvenez-vous pourtant de ces temps magnifiques où Nicolas Sarkozy bien engoncé dans son costume tout neuf de Président de l'Union Européenne voulait résoudre la crise, fonder la grande Union de la Méditerranée et arrêter les chars russes en Géorgie à lui tout seul. Souvenez-vous qu'on en était même arrivé à se demander s'il était raisonnable de laisser la présidence à la ridicule République Tchèque en janvier 2009, tellement il avait été bon. Vous vous demandez ce qu'il reste de ces six mois d'agitation intensive ? Rien, si ce n'est, ce rapport de la cour des comptes, qui pointe l'incroyable amateurisme du gouvernement et la folie financière qui s'en était emparée. Nos partenaires et amis Européens garderont longtemps sur l'estomac les 200 repas à 5000 euros, servis, entre autres à Bashar Al Assad, grand démocrate Syrien, lors du sommet de l'Union pour la Méditerranée.

Quel enchaînement incroyable !

Nicolas Sarkozy, les cadres de l'UMP et les bataillons de communicants et de conseillers qui les servent, ne peuvent pas être honnêtement aussi mauvais. Il y a évidemment une volonté et une stratégie derrière tout cela. Comme disait Patrick Le Lay, Pdg de TF1, à l'évocation de la stupidité de certains programmes de sa chaîne, "je suis là pour vendre du temps de cerveau disponible aux publicitaires". Pour faire le parallèle, nous assistons actuellement, en matière de politique et de choix de gouvernance, à la mise en place d'une communication d'abrutissement et d'abêtissement de ce que l'on appelle noblement, l'opinion publique. L'idée est simple : faire perdre au bon peuple tous ses repères et toutes ses valeurs en le noyant dans un flot d'informations de natures très différentes si épais qu'il finit par masquer les changements importants, les lois liberticides et les manipulations que l'on prépare en coulisse. Chaque jour, ils iront de plus en plus loin dans l'inacceptable, jusqu'à ce qu'un beau jour, nous acceptions. Il faut impérativement nous battre et dénoncer ces pratiques, si nous souhaitons que ce jour n'arrive jamais !

J'ai à peine le temps de boucler ce texte que déjà des nouvelles arrivent ! Charles Pasqua passe aux aveux et égraine tranquillement les premières listes de noms de ses anciens compagnons de curée, Jacques Chirac, Alain Juppé et Dominique de Villepin, qui décidément ne s'en sortira pas, tandis que Jacques Chirac retrouve les affaires d'emplois fictifs de la mairie de Paris et que Nicolas Sarkozy, qui pourtant a commencé son discours en affirmant aux agriculteurs qu'il "n'était pas là pour leur tenir un discours qu'ils avaient déjà entendu", vient pourtant de leur resservir, à Poligny dans le Jura, le même discours que celui tenu à Daumeray, dans le Maine-et-Loire, neuf mois plus tôt. Dommage, car tous les ingrédients étaient pourtant là. Il y avait "l'agriculteur travailleur et passionné qui ne compte pas ses heures", pas comme les fonctionnaires, "la terre de France et l'identité nationale Française", qui n'appartiennent donc pas aux étrangers, ainsi que "l'agriculteur français qui vit de son travail" et pas des allocations comme certains, si vous voyez ce que je veux dire. Bref, pour faire plus démagogique, il faut arriver en 4X4 avec les autocollants FNSEA et Chasse, Pêche, Nature et Traditions. On savait que la Droite ne s'intéressait aux agriculteurs et au monde rural que pour obtenir des voix lors des élections, on en a la confirmation. Est-ce que cela suffira à ouvrir les yeux de ceux qui votent massivement pour des gens qui les méprisent, je ne crois malheureusement pas.
Par Parti Socialiste de Vouziers - Publié dans : Politique nationale
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Lundi 13 juillet 2009

Le discours de Latran au cours duquel Sarkozy a élevé la mission du prêtre catholique au dessus de celle de l’instituteur a été malheureusement considéré de façon anecdotique comme une provocation de plus de la part d’un Président qui s’amuse à irriter une gauche "laïcarde" que l’instituteur de l’école républicaine incarne à ses yeux.

 

ecole-laique


On ne peut reprocher à Sarkozy d’avoir de la suite dans les idées. Il est authentiquement et fièrement à droite et n’a que mépris pour ceux qui se revendiquent de cette gauche et de ce socialisme de tradition républicaine. Et de nous démontrer depuis deux ans , exemples à l’appui, qu’être socialiste est une simple posture voire une imposture.


Se faisant un malin plaisir à jouer les adjudants-recruteurs il s’en va chasser en sifflotant la Marseillaise (celle de Léo Ferré) sur les trottoirs de la rue de Solférino dans le but  évident de démoraliser les "pauv’ secondes classes" de la petite armée socialiste en déroute. Exhibant fièrement comme des trophées de chasse nos "petits généraux renégats" : Besson, Bockel, Kouchner … et annonçant les prochaines prises : Jack Lang, Allègre, Rocard …


Sur le territoire de la Sarkozie qu’est devenue la France, c’est l’ouverture de la chasse aux gros gibiers socialistes tous les jours. Les Français finiront-ils par comprendre un jour qu’être à droite c’est être authentique (CQFD) et qu’être à gauche s’est dissimuler sa nature de droite ? Evidemment les traîtres, les cupides, les vaniteux ne manquent pas qu’ils soient de gauche ou de droite.


Sarkozy et ses collaborateurs sont décidés à transformer la société française de fond en comble pour la façonner sans possibilité de retour en arrière au nom d’un paradigme néolibérale qui reprend l’adage archéo-gauchiste "Du passé faisons table rase". Il pilonne sans répit l’édifice républicain hérité des révolutionnaires de 1789. Les mots Liberté, Egalité et Fraternité ne sont à ses yeux que de vieux oripeaux pour idéalistes attardés. La laïcité négative (c’est à dire de gauche) une ringardise socialiste de plus.


Mais que cherche donc Sarkozy en s’attaquant au principe de laïcité ? En fait, le discours de Latran n’a été qu’ un appel d’offre lancé à l’église catholique qui détient à plus de 90% le marché de l’enseignement privé en France. Le décret n°2009-427 du 16 avril 2009, surnommé Kouchner-Vatican, publié au Journal Officiel en catimini en est la confirmation. Rappelons que ce décret donne automatiquement reconnaissance au nom de la République Française aux diplômes délivrés par les institutions catholiques. L’autonomie des Universités, la paupérisation volontaire et progressive de l’enseignement public, la sur-médiatisation des faits divers violents qui se sont produits dans l’enceinte des établissements d’enseignements publics, tout cela s’inscrit dans la vision ultra-libérale de notre Roi-Président et fait partie d’un vaste programme de privatisation de l’enseignement.


Lui, on ne peut reprocher à Sarkozy d’avoir de la suite dans les idées. Quand allons-nous, nous socialistes, nous reprocher d’en manquer ? L’anti-sarkozisme du café du commerce est certes un exercice hygiénique nécessaire mais bien dérisoire face à l’offensive néolibérale. Il dissimule souvent notre impuissance, notre incapacité à penser et à agir dans la société d’aujourd’hui à la lumière des principes hérités précisément du siècle des Lumières ? Se revendiquer d’une tradition républicaine c’est être "absolument moderne".


Je ne suis qu’un fantassin de l’armée des ombres et je suis décidé à me battre à la baïonnette contre les adversaires de la laïcité. Je n’ai aucune ambition électorale et vous ne me verrez jamais combattre dans l’ombre des camarades candidats à des postes ou mandats électoraux. Quand bien même ils appartiendraient à une motion différente de celle que j’ai soutenue. Je ne perdrais jamais de temps et d’énergie à combattre des camarades socialistes ou de gauche. Je connais trop les effets de ces combats fratricides à l’intérieur du camp de gauche qui ont conduit en Espagne à asseoir le franquisme et le Juan-carlisme qui a suivi.


Farouche militant de la laïcité, j’ai engagé une action contre le Conseil Général des Ardennes qui, à mon sens, violait ce principe de laïcité par sa décision de refus de prise en charge du transport scolaire de ma fille Sarah vers un établissement public de Vouziers. Les juges du Tribunal Administratif réunis en formation plénière "compte tenu des enjeux" ont reconnu le bien-fondé de ma demande et annulé la décision du Conseil Général des Ardennes. Par contre la Cour Administrative d’Appel de Nancy a donné raison au Conseil Général des Ardennes. Aussi, j’ai décidé de me pourvoir en cassation. L’affaire sera examinée prochainement devant le Conseil d’Etat.


Le Président du Conseil Général des Ardennes répétera t’il par la voix de son avocat, comme ce dernier le fit devant la Cour d’appel de Nancy que :


"L’usager qui souhaite impérativement bénéficier de l’enseignement de l’espagnol en langue vivante 2 et de la gratuité du transport doit se mettre dans la situation permettant de bénéficier de ces deux avantages à savoir être un usager des établissements d’enseignement privé" ?


Il me paraît important de mener localement un combat contre tout ce qui peut conduire insidieusement à mépriser l’enseignement public et à favoriser l’enseignement privé (catholique à 100% à Vouziers) qui apparaît logiquement et malheureusement pour de nombreux parents inquiets de l’avenir comme une solution face à un enseignement public sciemment mis à mal par les tenants d’une position néo-libérale.


Il me paraît plus que nécessaire en vue des élections régionales de constituer localement un Front Républicain pour la réaffirmation devces principes absolument modernes : Liberté, Egalité, Fraternité que le principe de laïcité cristallise. Agissons près de chez nous ! N’attendons pas des élections pour affirmer paresseusement nos convictions. Occupons le terrain dès maintenant. Mettons nos actions en conformité avec nos discours. Les citoyens ne veulent plus seulement être considérées comme des électeurs élisant sur paroles des candidats. Agissons pour être crédibles. Construisons une fraternité de gauche. Les mots ne suffisent plus.


Manuel SANCHEZ

Par Manuel SANCHEZ - Publié dans : Politique nationale
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