Quel rythme ! Nous vivons une période dans laquelle on a bien du mal à reprendre son souffle entre les affaires,
les scandales et les annonces du gouvernement. Lundi : un scandale, mardi : une réforme, mercredi : une affaire, jeudi : une nouvelle loi: vendredi : un autre scandale : samedi : distribution
d'aides, dimanche : nouvelle affaire, et ainsi de suite sans la moindre trêve. Sachant que nous ne sommes qu'à mi-mandat, nous sommes en droit de nous demander comment notre Pays va-t-il finir à
la fin de tout cela et surtout qu'en restera-t-il économiquement, socialement, et démocratiquement ? L'inquiétude est palpable même au sein des élus UMP qui, s'ils n'étaient pas paralysés par la
peur de perdre leurs portefeuilles, leurs fonctions ou leur mandats, seraient nombreux à abandonner le navire. Des choses sont d'ores et déjà irréparables. L'image et l'aura dont bénéficiait
notre Pays sur le plan international, ne sont quasiment plus que des souvenirs. Quelques mois auront suffi à les détruire. Triste record !

Le procès Clearstream s'achève avec un délibéré le 28 janvier pour l'anniversaire de Nicolas Sarkozy. Le jugement
de l'Angola Gate est tombé et on veut nous faire croire que Charles Pasqua ira un jour en prison. Les scandales s'enchaînent et les découvertes sont étonnantes ! On apprend que dans l'affaire de
la présidence de l'EPAD, Jean Sarkozy a été "victime d'une discrimination liée à son nom" et qu'il aurait dû faire appel à la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour
l'Egalité). Ce n'est pas une blague puisque c'est Fadela Amara, elle-même, qui l'annonce, sans même un sourire, sur un plateau de télévision. C'est vrai qu'il est incroyable d'avoir eu, ne
serait-ce qu'un doute, sur les compétences d'un garçon de 23 ans, brillant titulaire d'un bac L et qui hésitait 18 mois auparavant entre Conseiller général ou chanteur célèbre, pour gérer le plus
grand centre d'affaire d'Europe. Toujours plus loin dans le sordide et la sincérité, Frédéric Mitterrand, actuel ministre de la Culture, est venu sur le plateau du 20H00, expliquer aux Français,
droit dans les yeux de la journaliste, que le fait qu'il ait eu des relations sexuels dans des établissements spécialisés en Thaïlande pour touristes à la recherche de chair fraîche, était "Une
erreur oui, un crime non, une faute même pas". Il ajouta aussitôt, sans sourciller, que les prostitués qu'il avait fréquentés, avaient évidemment tous aux alentours de 40 ans. Le spectateur avait
à peine le temps de se remettre de ses émotions, qu'il enchaînait alors avec un incroyable : "Que vienne me jeter la première pierre celui qui n'a pas commis ce genre d'erreur. Parmi tous les
gens qui nous regardent ce soir, quel est celui qui n'aurait pas commis ce genre d'erreur au moins une seule fois ?". Il faut avoir un égo hors du commun pour tenir cette position et il faut
assurément être un écrivain de talent pour dépeindre comme des "éphèbes" ou des "garçons", des prostitués hommes thaïlandais de plus de 40 ans.
Et pendant ce temps là !
Une nouvelle attaque en règle est fomentée contre l'école publique et laïque sous les traits de la Loi Carle,
censée "garantir la parité de financement entre les écoles élémentaires publiques et privées sous contrat d'association lorsqu'elles accueillent des élèves scolarisés hors de leur commune de
résidence". En clair, elle remet en cause les principes constitutionnels de laïcité et de libre administration des collectivités territoriales. Le gouvernement, avec cette loi, veut permettre le
financement avec des fonds publics, d'organismes liés à des associations confessionnelles, ce qui est évidemment anticonstitutionnel.
Un décret en préparation prévoit la suppression des "petits blocs" de chirurgie. Ce sont pas moins de 180 blocs
chirurgicaux qui devront prochainement fermer. Nous n'y serions, paraît-il, pas en sécurité. Ce projet frappera également une trentaine de maternités qui ont besoin d'un bloc pour pratiquer les
césariennes. Le GHSA et son site de Rethel ont évidemment toutes les raisons de s'inquiéter de la parution de ce nouveau décret. Le massacre du service public hospitalier continue et rien ne
permet d'envisager pour le moment qu'on pourra, à temps, y mettre un terme.
La démocratie et le renforcement du rôle du Parlement sont sur de bons rails, puisque dorénavant, lorsqu'une loi
est votée et que le gouvernement n'en veut pas, il demande à un ou plusieurs députés de venir se plaindre qu'ils se sont "trompés de bouton" lors du vote, afin de pouvoir voté ensuite la loi
"rectifiée". La dernière victime fût le brave Député Jean-François Lamour, sabreur émérite, qui, suite au vote d'une taxe additionnelle de 10% sur les bénéfices des banques que le gouvernement
considère comme "une erreur technique", a été contraint d'avouer qu'il s'était trompé par deux fois de bouton lors du vote, une fois pour lui et une fois pour un autre Député. Si ce n'était pas
si grave, on rirait presque ! Dans la même lignée responsable, le gouvernement s'est opposé à la suppression des fameux crédits "revolving", responsables de nombreux surendettements parmi les
ménages modestes à cause des taux très élevés qu'ils pratiquent. Moralisation du capitalisme quand tu nous tiens.
La démocratie souffre, acte 2 ! La réforme territoriale se met en place avec, cachées derrière de légitimes
interrogations sur l'organisation et les compétences des différentes strates politiques du paysage Français, énormément d'arrière-pensées politiques. En effet, si la communication va se faire
essentiellement sur la disparition des départements et la transformation des conseillers régionaux et généraux en conseillers territoriaux l'essentiel n'est pourtant pas là. C'est bien le
changement du mode de scrutin qui intéresse le plus l'UMP qui, toujours aussi gourmande de démocratie, a fait le constat suivant : le racolage partant du Nouveau Centre d'Hervé Morin au Mouvement
pour la France de Philippe de Villiers, en passant par Chasse, Pêche, Nature et Tradition, lui permet d'arriver en tête au premier tour des différentes élections. Par contre, le Parti
présidentiel ne dispose que de très faibles réserves de voix pour le second tour. Qu'à cela ne tienne, il n'y a qu'à passer d'un scrutin à deux tours, à un scrutin à un tour que l'on sera certain
de remporter, puisque la Gauche n'est visiblement pas prête à une grande union dès le premier tour, ce qui me paraît d'ailleurs tout à fait légitime pour des Partis qui prônent la transparence et
la démocratie interne. Simple et sans appel ! Il faut ajouter à cela le redécoupage ou "tripatouillage" des circonscriptions législatives, voté le 20 octobre dernier, qui devrait permettre à
l'UMP d'avoir environ 22 sièges supplémentaires à l'Assemblée nationale aux prochaines législatives. Les objectifs et projets de ce gouvernement et de l'UMP sont clairs; conquérir le pouvoir et
le garder. Ma foi, pour le reste, la France et les Français attendront.
Nous avions chassé le fichier Edvige par la porte, il revient par la fenêtre. Le gouvernement a instauré par
décrets un nouveau fichier policier. En ces temps délicieux, on ne s'embarrasse pas de sottises comme la protection des libertés individuelles. Ce dernier contient un champ à remplir intitulé
"Origine géographique", mais "origine ethnique" aurait été certainement plus sincère. On imagine qu'il se limitera donc, dans un premier temps, à Afrique et Maghreb. Pour être fiché, inutile
d'avoir 18 ans, ni même de commettre un crime ou un délit. Il suffira d'avoir 13 ans et qu'un policier vous juge potentiellement "louche" ou que vous soyez militant d'un Parti politique ou
syndicaliste. Comme disait l'humoriste : "patibulaire, mais presque".
Après avoir démantelé "la Jungle", campement sauvage de migrants à Calais qui ne devait pourtant son existence
qu'à la fermeture du centre d'accueil de Sangatte en 2002 et donc à Nicolas Sarkozy, alors ministre de la peur et de l'intérieur, le Pays des "Droits de l'Homme" expulse dorénavant des Afghans en
situation irrégulière vers l'Afghanistan, qui je le rappelle est un Pays en guerre. Cela se fait au mépris des conventions internationales, mais ne provoque pas le moindre émoi et surtout pas
chez Eric Besson. On arrive à se demander jusqu'où cet homme sera capable d'aller dans le cynisme et la trahison des valeurs, pour plaire à son maître et garder son portefeuille ministériel. Il
est un des meilleurs exemples vivants que pour beaucoup de responsables politiques, quel que soit leur niveau d'action ou de compétence, le choix du camp et les compromissions à faire ne comptent
pas, puisque le seul objectif est l'accession au pouvoir. Malgré la chasse aux étrangers et le coup de barre à droite donné en vue des prochaines élections régionales, le Front national a tout de
même repris quelques points dans les sondages. Pas de problème, Eric Besson a ressenti soudainement l'envie de "lancer un grand débat sur les valeurs de l'identité nationale et sur ce qu'est être
Français aujourd'hui". Il est certain que le moment est bien choisi. Les Français ne sont pas frappés par la crise et ont l'esprit libéré. C'est le moment ou jamais de remettre, au coeur des
débats, le devenir de notre bonne vieille fibre patriotique.
L'église de Scientologie vous remercie. Le parquet avait bien requis sa dissolution, mais cette peine de
dissolution ayant été supprimée du code pénal par la loi de "simplification du droit", brillamment concoctée par Jean-Luc Warsmann, cela n'a pas été possible. Elle s'en sort donc avec une "forte
amende" qui, quand on connait les fortunes colossales de certains de ses membres, fait quelque peu sourire. Le Sénat a réintroduit, le 14 octobre dernier, une modification législative qui permet
de nouveau de dissoudre une personne morale lorsqu'elle est reconnue coupable d'escroquerie. Cette disposition ne devait donc pas être aussi inutile qu'on voulait bien le faire croire. C'est
malheureusement trop tard pour la Scientologie. A noter qu'il aurait été possible de lui interdire d'exercer, mais que le tribunal ne l'a pas souhaité de peur "que cela engendre la continuation
des activités en dehors de toute structure légale". A méditer.
La Présidence Française de l'Union européenne en 2008 n'a visiblement pas été d'une rigueur financière exemplaire
et c'est un euphémisme. Souvenez-vous pourtant de ces temps magnifiques où Nicolas Sarkozy bien engoncé dans son costume tout neuf de Président de l'Union Européenne voulait résoudre la crise,
fonder la grande Union de la Méditerranée et arrêter les chars russes en Géorgie à lui tout seul. Souvenez-vous qu'on en était même arrivé à se demander s'il était raisonnable de laisser la
présidence à la ridicule République Tchèque en janvier 2009, tellement il avait été bon. Vous vous demandez ce qu'il reste de ces six mois d'agitation intensive ? Rien, si ce n'est, ce rapport de
la cour des comptes, qui pointe l'incroyable amateurisme du gouvernement et la folie financière qui s'en était emparée. Nos partenaires et amis Européens garderont longtemps sur l'estomac les 200
repas à 5000 euros, servis, entre autres à Bashar Al Assad, grand démocrate Syrien, lors du sommet de l'Union pour la Méditerranée.
Quel enchaînement incroyable !
Nicolas Sarkozy, les cadres de l'UMP et les bataillons de communicants et de conseillers qui les servent, ne
peuvent pas être honnêtement aussi mauvais. Il y a évidemment une volonté et une stratégie derrière tout cela. Comme disait Patrick Le Lay, Pdg de TF1, à l'évocation de la stupidité de certains
programmes de sa chaîne, "je suis là pour vendre du temps de cerveau disponible aux publicitaires". Pour faire le parallèle, nous assistons actuellement, en matière de politique et de choix de
gouvernance, à la mise en place d'une communication d'abrutissement et d'abêtissement de ce que l'on appelle noblement, l'opinion publique. L'idée est simple : faire perdre au bon peuple tous ses
repères et toutes ses valeurs en le noyant dans un flot d'informations de natures très différentes si épais qu'il finit par masquer les changements importants, les lois liberticides et les
manipulations que l'on prépare en coulisse. Chaque jour, ils iront de plus en plus loin dans l'inacceptable, jusqu'à ce qu'un beau jour, nous acceptions. Il faut impérativement nous battre et
dénoncer ces pratiques, si nous souhaitons que ce jour n'arrive jamais !
J'ai à peine le temps de boucler ce texte que déjà des nouvelles arrivent ! Charles Pasqua passe aux aveux et
égraine tranquillement les premières listes de noms de ses anciens compagnons de curée, Jacques Chirac, Alain Juppé et Dominique de Villepin, qui décidément ne s'en sortira pas, tandis que
Jacques Chirac retrouve les affaires d'emplois fictifs de la mairie de Paris et que Nicolas Sarkozy, qui pourtant a commencé son discours en affirmant aux agriculteurs qu'il "n'était pas là pour
leur tenir un discours qu'ils avaient déjà entendu", vient pourtant de leur resservir, à Poligny dans le Jura, le même discours que celui tenu à Daumeray, dans le Maine-et-Loire, neuf mois plus
tôt. Dommage, car tous les ingrédients étaient pourtant là. Il y avait "l'agriculteur travailleur et passionné qui ne compte pas ses heures", pas comme les fonctionnaires, "la terre de France et
l'identité nationale Française", qui n'appartiennent donc pas aux étrangers, ainsi que "l'agriculteur français qui vit de son travail" et pas des allocations comme certains, si vous voyez ce que
je veux dire. Bref, pour faire plus démagogique, il faut arriver en 4X4 avec les autocollants FNSEA et Chasse, Pêche, Nature et Traditions. On savait que la Droite ne s'intéressait aux
agriculteurs et au monde rural que pour obtenir des voix lors des élections, on en a la confirmation. Est-ce que cela suffira à ouvrir les yeux de ceux qui votent massivement pour des gens qui
les méprisent, je ne crois malheureusement pas.
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